La paume de la main gauche qui gratte n’a aucune signification en islam et ne doit pas être interprétée comme un signe.
Ce type de croyance relève souvent de la superstition, c’est-à-dire attribuer un sens ou une conséquence à un phénomène sans preuve religieuse.
Pour comprendre pourquoi cette idée est rejetée en islam et comment se positionner face à ces sensations, il faut revenir sur la notion de superstition (ṭiyarah) et les enseignements des savants à ce sujet.
Qu’est-ce que la superstition en Islam ?
En islam, la superstition consiste à attribuer un sens ou une influence à des signes (sons, visions, sensations) sans preuve religieuse.
C’est le fait d’agir ou ne pas agir en fonction de ces signes, ou de croire qu’ils sont annonciateurs.
Le fait que la main gauche gratte serait une superstition issue du folklore européen venant de traditions anciennes saxonnes et celtiques.
La croyance vient du fait que les personnes de ces civilisations frottaient du métal (argent) sur une main qui gratte, ce qui a fini par associer cette sensation à l’arrivée d’argent par simple interprétation.
Elle est rejetée car seul Allah décide du bien et du mal, et ces signes n’ont aucun pouvoir réel.
L’avis du sheikh Ibn Baz sur la superstition
La superstition (ṭiyarah) ne doit ni te pousser à agir, ni te détourner de ce que tu veux faire. Être superstitieux à cause d’un oiseau, d’un animal, d’un mois ou d’un phénomène quelconque n’est pas permis.
La ṭiyarah, c’est lorsque quelque chose t’influence au point de te faire avancer ou reculer dans une décision. Par exemple, celui qui évite de se marier pendant le mois de Shawwâl, ou refuse de voyager un mercredi, à cause d’une croyance négative, tombe dans une forme de superstition. Cela est considéré comme du polythéisme mineur, et il faut s’en méfier.
De la même manière, entendre un corbeau croasser, voir une chouette, ou percevoir un signe et en tirer un mauvais présage fait partie des pratiques de l’époque préislamique. Ces choses ne peuvent pas te nuire en elles-mêmes.
Le Prophète ﷺ a enseigné que, si une personne voit quelque chose qu’elle déteste, elle doit dire :
« Ô Allah, nul n’apporte le bien en dehors de Toi, nul ne repousse le mal en dehors de Toi, et il n’y a de force ni de puissance qu’en Toi. »
Dans une autre version :
« Ô Allah, il n’y a de bien que Ton bien, pas de présage en dehors du Tien, et il n’y a de divinité que Toi. »
Le musulman doit donc s’attacher à Allah, ne pas prêter attention à ces choses et ne pas les laisser influencer ses décisions. S’il se laisse détourner par cela, il ressemble aux pratiques de la jâhiliyyah et tombe dans la superstition.
S’il ressent malgré tout une gêne en voyant quelque chose de mauvais, qu’il invoque Allah avec ces paroles et qu’il dise : « Il n’y a de force ni de puissance qu’en Allah. » Il doit placer sa confiance en Allah et dire : « Allah nous suffit, et Il est le meilleur garant. »
Ensuite, il continue ses actions normalement, en prenant les moyens nécessaires tout en faisant confiance à Allah. En effet, la confiance en Allah (tawakkul) repose sur deux éléments : s’en remettre à Lui avec confiance, et prendre les causes permises. Les deux sont indispensables.
Ainsi, on soigne une maladie avec des traitements, on mange pour calmer la faim, on boit pour étancher la soif, on prend des mesures pour se protéger du danger, on ferme sa porte pour éviter le vol. Tout cela se fait en ayant confiance en Allah.
De même, on se marie en espérant une descendance, on prend des moyens tout en s’en remettant à Allah. Quand il fait froid, on se protège avec des vêtements ou du feu, tout en sachant que tout est entre les mains d’Allah.
Le croyant doit donc rechercher ce qui lui est bénéfique, prendre les causes et demander l’aide d’Allah en toute chose, tout en croyant que c’est Allah qui décrète et permet ces causes.
Le Prophète ﷺ a dit :
« Attache-toi à ce qui t’est utile, demande l’aide d’Allah et ne sois pas incapable. Si quelque chose t’atteint, ne dis pas : “Si j’avais fait ceci, il se serait passé cela”, mais dis : “C’est le décret d’Allah et Il fait ce qu’Il veut”, car le “si” ouvre la porte au diable. »
Ainsi, lorsqu’on soigne un malade et qu’il meurt, on dit : « Nous appartenons à Allah et c’est vers Lui que nous retournons. C’est le décret d’Allah et Il fait ce qu’Il veut. » On ne doit pas dire : « Si je l’avais emmené ailleurs, il aurait vécu. »
De même, dans le commerce, si une perte survient, on accepte le décret d’Allah sans dire : « Si j’avais fait autrement, j’aurais gagné. » Ce qui était écrit s’est produit.
En revanche, pour l’avenir, il est permis de réfléchir, de s’améliorer et de choisir de meilleures causes. Mais une fois qu’un événement s’est produit, il fait partie du décret d’Allah.
Qu’Allah accorde à tous la réussite vers ce qui Lui plaît.